Les français achètent toujours les mêmes jeux
31 mars 2026Chaque année, le marché du jeu vidéo en France confirme sa solidité. Avec un chiffre d’affaires de 5,8 milliards d’euros en 2025, le secteur reste l’une des industries culturelles les plus dynamiques du pays. Mais derrière cette bonne santé économique se cache une tendance persistante : les joueurs français continuent, année après année, de se tourner massivement vers les mêmes licences.
Une habitude de consommation qui interroge, tant elle semble résister à l’arrivée de nouvelles propositions.
Un marché solide porté par les consoles
Selon les données du SELL, les consoles dominent largement le marché français, représentant près de 44 % du chiffre d’affaires total. Le mobile suit avec 30 %, tandis que le PC occupe une part plus modeste, autour de 26 %.
Cette structure influence directement les comportements d’achat. Les joueurs console, en particulier, privilégient des expériences bien identifiées, souvent associées à de grandes franchises installées depuis des années.
Des classements dominés par les mêmes licences
Le constat est sans surprise : les meilleures ventes de l’année 2025 sont largement dominées par des séries bien connues. EA Sports FC 2026 arrive en tête sur consoles, suivi de Call of Duty : Black Ops 7 et Battlefield 6.
Sur PC, la tendance est similaire. Battlefield 6 s’impose en tête en termes de chiffre d’affaires, tandis que des titres comme GTA V ou Red Dead Redemption 2 continuent de performer, parfois plusieurs années après leur sortie.
Cette longévité illustre la force des marques dans le jeu vidéo, capables de fidéliser durablement leur public.
Pourquoi les joueurs restent fidèles
Plusieurs facteurs expliquent cette stabilité des ventes. D’abord, la reconnaissance immédiate des licences joue un rôle clé. Les joueurs savent à quoi s’attendre, que ce soit en termes de gameplay, de qualité ou de contenu.
Ensuite, ces jeux bénéficient d’un soutien marketing massif et d’écosystèmes déjà bien installés, notamment en ligne. Les modes multijoueurs, les mises à jour régulières et les communautés actives renforcent leur attractivité sur le long terme.
Enfin, le prix et l’accessibilité influencent aussi les choix. Dans un contexte où les joueurs dépensent de manière plus réfléchie, miser sur une valeur sûre apparaît souvent comme une décision rationnelle.
Des nouveautés qui peinent… mais existent
Malgré cette domination des franchises, certains nouveaux titres parviennent à se faire une place. Des jeux comme Ghost of Yotei, Split Fiction ou Clair Obscur: Expedition 33 enregistrent des performances solides sur consoles, preuve qu’il existe encore une ouverture pour de nouvelles licences.
Sur PC, des titres comme Hogwarts Legacy ou Kingdom Come: Deliverance 2 montrent également qu’un succès est possible en dehors des sagas historiques.
Mais ces exceptions restent minoritaires face au poids des mastodontes du secteur.
Un public large, fidèle et en expansion
Le profil des joueurs français contribue aussi à cette stabilité. L’âge moyen se situe autour de 40 ans, avec une répartition équilibrée entre femmes et hommes. De plus, le nombre de joueurs continue d’augmenter, notamment chez les seniors.
Ce public, plus mature, tend à privilégier des expériences familières et éprouvées, ce qui renforce mécaniquement la domination des grandes licences.
Dans ce contexte, le jeu vidéo s’impose plus que jamais comme la première industrie culturelle en France, portée à la fois par son accessibilité et par la fidélité de ses joueurs.
Une industrie entre innovation et habitudes
Si les chiffres témoignent d’un marché en excellente santé, ils révèlent aussi une forme d’inertie. Entre prises de risques limitées et attachement aux franchises historiques, le secteur oscille en permanence entre innovation et reproduction des succès passés.
Reste à savoir si les prochaines années permettront à de nouvelles licences de bousculer durablement cet équilibre… ou si les joueurs français continueront, encore longtemps, à acheter les mêmes jeux.