Fermeture de Rakuten en France après 16 ans : un déclin face à Amazon et ses concurrents

Fermeture de Rakuten en France après 16 ans : un déclin face à Amazon et ses concurrents

17 juillet 2026 0 Par eternos974

Le 16 juillet 2026, une nouvelle a fait trembler le monde du e-commerce : Rakuten a annoncé la fermeture de sa marketplace en France d’ici la fin de l’année. Un dénouement inattendu pour un acteur qui, il y a seize ans, débarquait en France avec l’acquisition de PriceMinister, plateforme pionnière du commerce en ligne. Aujourd’hui, le groupe japonais, qui a investi 200 millions d’euros en 2010, doit se résoudre à un retrait progressif, marquant la fin d’une ère. Ce qui se profile, c’est moins une défaite que l’illustration d’un marché en pleine mutation, où les géants du numérique imposent des standards que même les mastodontes du passé ont du mal à suivre.

La fermeture de Rakuten France n’est pas une chute soudaine, mais le fruit d’une longue descente. En dix ans, le nombre de clients a chuté de 33 %, et la fréquentation du site a baissé de 42 %. À l’apogée de PriceMinister, la plateforme rivalisait avec Amazon et la Fnac, offrant une alternative solide au commerce en ligne. Mais aujourd’hui, le marché a changé. Amazon, avec ses 38,8 millions de visiteurs uniques par mois en France, domine incontestablement. Et les nouveaux venus, comme Joybuy ou Shein, n’ont pas attendu pour grignoter des parts de marché. Rakuten, même avec son système de cashback et ses initiatives comme le « Club R », n’a pas réussi à rattraper le train. Le groupe japonais, qui a déjà abandonné ses marketplaces en Espagne, Allemagne et Royaume-Uni, voit la France devenir son dernier bastion européen.

L’impact de cette fermeture va bien au-delà des chiffres. 180 salariés sont concernés, et les vendeurs professionnels qui dépendaient de la plateforme pour les grandes soldes risquent de subir un coup dur. Pour les consommateurs, la transition vers d’autres plateformes ne sera pas sans difficultés : garanties, SAV, et Rakuten Points restent des questions brûlantes. Mais si la marketplace grand public disparaît, d’autres activités du groupe restent en place en France. Kobo, les liseuses, continueront leur course. Et le centre technologique européen du groupe, basé à Paris, semble également épargné. Un signe que Rakuten, même en retrait, reste un acteur majeur dans d’autres domaines.

Derrière cette fermeture, un récit plus large émerge : celui d’une industrie du e-commerce en pleine révolution. Les géants comme Amazon ont imposé des standards inatteignables : livraison rapide, catalogues immenses, prix agressifs. Les startups chinoises, comme Temu ou Shein, ont pris le relais, offrant des produits à des prix inégalés. Et les plateformes spécialisées, comme Vinted ou Back Market, ont pris leur place dans le marché de l’occasion. Rakuten, pourtant, n’a pas été inactif. Il a tenté de se renouveler, mais le vent a tourné. Le groupe japonais, qui a investi des milliards d’euros dans ses activités en Europe, doit maintenant faire face à une réalité implacable : dans un marché où la domination d’un seul acteur semble inévitable, les autres doivent s’adapter ou disparaître. Quel sera le prochain à suivre le même chemin ?

Sources

À très vite sur l’EternoStation.