Tempêtes solaires intermédiaires : une fréquence de 200 ans révélée par les cernes d’arbres
4 septembre 2026Imaginez un instant que le Soleil, notre étoile bienveillante, puisse un jour devenir une menace invisible pour nos réseaux électriques, nos satellites et même nos smartphones. C’est précisément ce que suggère une étude récente publiée dans Communications Earth & Environment, qui a analysé des cernes d’arbres européens datant de 2 000 ans. Ces arbres, bien que silencieux, ont enregistré des pics de carbone 14 qui pourraient indiquer des tempêtes solaires intermédiaires survenant environ tous les 200 ans. Une fréquence bien plus élevée que ce que l’on croyait jusqu’à présent.
Les scientifiques ont identifié quatre épisodes de forte augmentation du carbone 14, datés de 14, 553, 675 et 954. Ces pics, similaires aux fameux événements de Miyake (comme celui de 774-775), restent cependant mystérieux. Bien que ces événements soient généralement associés à des tempêtes solaires extrêmes, les chercheurs soulignent que leur origine exacte n’est pas encore entièrement confirmée. Le carbone 14, produit par les particules énergétiques du Soleil, est enregistré dans les cernes d’arbres, agissant comme un journal historique de l’activité solaire. Cependant, ces pics ne signifient pas nécessairement des pannes électriques immédiates, mais plutôt une augmentation de particules énergétiques dans l’atmosphère.
Le cas de 1859, connu sous le nom de Cas Carrington, offre un aperçu des risques potentiels. Cette tempête solaire a perturbé les télégraphes et provoqué des aurores visibles à des latitudes inhabituelles. Aujourd’hui, un événement similaire pourrait causer des dommages économiques massifs : pannes de réseaux électriques, défaillances de satellites, perturbations des systèmes de navigation. Les infrastructures modernes, si dépendantes des technologies spatiales, sont particulièrement vulnérables. Une étude estimait même que l’impact d’un événement comparable à Carrington pourrait coûter des milliers de milliards de dollars.
Cependant, les chercheurs restent prudents. Les quatre événements identifiés ne constituent que des candidats et nécessitent des confirmations supplémentaires. Les scientifiques souhaitent croiser les données du carbone 14 avec d’autres isotopes, comme le béryllium 10 ou le chlore 36, retrouvés dans les glaces. Ces archives indépendantes permettront de mieux comprendre si ces pics correspondent bien à des tempêtes solaires intermédiaires. En attendant, cette découverte rappelle que notre connaissance des phénomènes spatiaux est encore incomplète. Et si les arbres nous avaient caché une partie de l’histoire du Soleil ?
Sources
À très vite sur l’EternoStation.

