Elvis contre Anthropic : une plainte à 41 millions de dollars
27 octobre 2026Les ayants droit de chansons interprétées par Elvis Presley attaquent Anthropic. Déposée le 23 octobre 2026 devant un tribunal fédéral de Californie, leur plainte vise l’utilisation alléguée de 274 œuvres pour entraîner Claude et produire des contenus dérivés sans autorisation. Les demandeurs, parmi lesquels figure une entité d’Authentic Brands Group, réclament 41,1 millions de dollars de dommages-intérêts légaux. Ce montant demandé ne constitue ni une amende prononcée ni une indemnité déjà accordée.
Reuters rapporte qu’Anthropic conteste les accusations et entend se défendre. Le désaccord est donc ouvert : les faits reprochés devront être examinés, et le dépôt d’une plainte ne suffit pas à établir une contrefaçon.
Selon Pitchfork, qui a consulté la plainte, les titulaires de droits reprochent aussi à Claude de produire des réécritures trop proches des chansons originales malgré les garde-fous annoncés. Ce sont les affirmations des plaignants. Elles posent une question distincte de l’accès initial aux œuvres : que restitue le modèle lorsqu’on lui demande une nouvelle version ?
Le fair use, souvent invoqué dans les litiges américains sur l’IA, ne signifie pas qu’un texte devient librement exploitable dès qu’un logiciel le transforme. Le Copyright Office américain rappelle une appréciation au cas par cas, notamment selon la finalité de l’usage, la nature de l’œuvre, la part reprise et l’effet sur son marché. La transformation compte, mais elle n’est pas un ticket magique dispensant de toutes les autres conditions.
Un précédent aide à comprendre ces distinctions sans préjuger du dossier Elvis. Dans l’affaire Bartz, relative à des livres, un accord de 1,5 milliard de dollars a été annoncé en 2025 ; le site officiel du règlement indique son approbation définitive le 20 juillet 2026. Il faut distinguer cet accord de l’usage des livres pour l’entraînement et de leur acquisition depuis des sources pirates. Cette chronologie ne correspond pas à un versement en juillet 2024, et ce règlement ne tranche pas automatiquement une autre affaire portant sur des chansons.
Pour les créateurs, l’enjeu est concret : une autorisation d’entraînement et une autorisation de reproduire une œuvre ne sont pas la même discussion. Pour les entreprises d’IA, promettre des garde-fous implique aussi de montrer ce qu’ils empêchent réellement.
Notre lecture : invoquer l’innovation ne devrait pas rendre la question de la rémunération ringarde. Le King est mort, mais la facture des droits d’auteur, elle, semble avoir conservé une excellente santé. Reste au tribunal à déterminer ce qui est dû, à qui et pour quels usages.
Sources
À très vite sur l’EternoStation.
