L’origine du spam : Gary Thuerk et la première campagne de masse en 1978
29 mai 2026En 1978, Gary Thuerk, un responsable marketing chez DEC, a envoyé un message à 393 adresses ARPANET. Aujourd’hui, on le considère comme le père du spam. Mais à l’époque, il n’avait qu’un objectif : gagner du temps. La procédure normale consistait à envoyer des invitations individuelles pour promouvoir les DECSYSTEM-20, une nouvelle gamme d’ordinateurs. Thuerk, impatient, a opté pour une solution radicale : un seul message, envoyé en masse. Ce qui semblait être une astuce de productivité est devenu une révolution… et une bataille de l’histoire numérique.
Le réseau ARPANET, alors réservé à la recherche universitaire et militaire, n’était pas conçu pour accueillir ce genre d’initiative. Les administrateurs ont réagi avec une fureur inattendue. Le message, jugé intrusif et inapproprié, a déclenché une tempête de critiques. Thuerk, qui ne comprenait pas encore le terme « spam », avait violé un usage fondamental du réseau : la neutralité et la non-commercialisation. Son geste, bien que malveillant, a marqué un tournant dans l’histoire du numérique.
Le mot « spam » n’est apparu que dix ans plus tard, grâce à un sketch des Monty Python. Dans un café imaginaire, des clients sont submergés par des plats répétitifs contenant du « spam », une marque de viande en conserve. L’humour absurde a trouvé un écho chez les utilisateurs de l’Internet naissant, qui ont adopté le terme pour décrire les messages indésirables. Un lien improbable, mais désormais incontournable, entre la satire britannique et la technologie.
Aujourd’hui, le spam représente 45 % du trafic email mondial, soit 100 milliards de messages par jour. Gary Thuerk, qui affirme avoir vendu 12 millions de dollars de matériel grâce à cette campagne, se définit lui-même comme le « père du spam » avec une pointe d’humilité. Son initiative maladroite a ouvert une boîte impossible à refermer. Et si les algorithmes de filtrage et les serveurs de sécurité sont aujourd’hui des géants, ils doivent leur existence à un simple message envoyé par erreur, il y a plus de 40 ans.
Sources
À très vite sur l’EternoStation.
