DJI : un audit de sécurité confirme l’absence de portes dérobées
1 juin 2026Un audit de sécurité mené par OnDefend, une entreprise américaine spécialisée en cybersécurité, vient de confirmer ce que DJI affirmait depuis des mois : ses drones ne contiennent aucune porte dérobée ni ne transmettent de données vers la Chine. Cette révélation arrive au cœur d’un conflit juridique et politique entre la firme chinoise et la FCC, qui a interdit l’homologation de ses nouveaux modèles aux États-Unis.
L’audit, réalisé sur les modèles Air 3S et Matrice 4E, a analysé trois domaines clés : logiciel, matériel et radiofréquences. Les tests, menés en secret par OnDefend, ont inclus le démontage de circuits imprimés, l’analyse de spectres radio et des simulations d’attaques. Résultat ? Aucune vulnérabilité critique, aucun signe de transmission de données vers la Chine, et pas de modifications non documentées dans la chaîne d’approvisionnement. Les seuls points relevés concernaient des risques mineurs, courants dans des systèmes complexes comme les drones.
Cette conclusion s’inscrit dans un contexte tendu : la FCC a placé DJI sur sa liste « Covered List » en décembre 2025, bloquant l’homologation de ses nouveaux modèles. Selon les données chinoises, les exportations de drones vers les États-Unis ont chuté de 60 à 70 %, entraînant des pertes estimées à 1,6 milliard de dollars pour DJI cette année. La firme a répondu par des recours juridiques, des pétitions publiques et des lettres aux parlementaires, soutenue par plus de 3 000 commentaires de citoyens, agriculteurs et pompiers.
Le bras de fer entre DJI et la FCC s’inscrit dans une logique plus large : la lutte pour la souveraineté technologique et la confiance des utilisateurs. OnDefend, qui a également audité TikTok, souligne que les conclusions sont spécifiques aux versions testées. Pour DJI, la victoire est partielle : la FCC n’a pas documenté de vulnérabilité précise justifiant son inscription sur la liste. « Les préoccupations à l’origine de notre inscription ne sont pas étayées par des éléments techniques », a affirmé Adam Welsh, responsable des politiques chez DJI.
La question reste ouverte : comment concilier régulation, sécurité et innovation ? La guerre juridique entre DJI et la FCC pourrait bien devenir un cas d’école sur les enjeux de la cybersécurité dans l’ère des drones. Et si les résultats de cet audit ouvrent la voie à une réévaluation des sanctions, que reste-t-il de la méfiance envers les technologies chinoises ? Une réponse, peut-être, dans les prochaines décisions des tribunaux et des législateurs.
Sources
À très vite sur l’EternoStation.

