Micromania rachetée par un groupe franco-québécois : un nouveau départ ?
17 juillet 2026Micromania, cette icône du jeu vidéo français, vient de traverser une étape cruciale. Un consortium franco-québécois, mené par des figures comme Stephan Tétrault et Sandra Callahan, a racheté l’enseigne. Pourtant, ce nouveau départ s’inscrit dans un contexte tendu : le marché physique du jeu vidéo s’effrite, et le défi est de redonner un souffle à une marque historique.
Le rachat intervient alors que les ventes dématérialisées dominent le paysage. Steam, le PlayStation Store et Amazon ont réduit la part des magasins spécialisés. Micromania, qui a connu plusieurs restructurations depuis sa création en 1983, doit désormais se réinventer. Les nouveaux propriétaires, qui ont déjà démontré leur expertise avec EB Games, promettent un virage vers les produits dérivés, les cartes à collectionner (TCG) et les événements en magasin. Un premier flagship, ouvert près de Paris en octobre, devrait illustrer cette nouvelle stratégie.
L’expérience canadienne du groupe est un atout. EB Games a réussi à remonter la pente grâce à une approche centrée sur la pop culture et les collectibles. Les ventes de ces produits ont bondi de 75 %, et 97 % des magasins ont retrouvé un bénéfice en 2025. Pourtant, la France n’est pas le Canada : le marché local est plus fragmenté, et la concurrence est féroce. Les grands magasins, les plateformes en ligne et même les enseignes comme GameStop ont transformé le paysage.
Le timing du rachat est symbolique. À peine quelques semaines après l’annonce de PlayStation de cesser les jeux physiques first-party à partir de 2028, Micromania tente sa chance. Cette décision de Sony pourrait accélérer la fin du disque physique, fragilisant davantage les enseignes spécialisées. Les nouveaux dirigeants de Micromania semblent conscients du défi : leur feuille de route dépendra moins des jeux vidéo que de leur capacité à créer un écosystème autour de la pop culture. Le succès dépendra de leur capacité à séduire un public qui, aujourd’hui, préfère les téléchargements aux boîtes en plastique.
Reste à savoir si cette relance sera durable. Le passé de Micromania, marqué par des reprises successives sans véritable rebond, rappelle que l’ambition seule ne suffit pas. Le marché évolue trop vite pour revenir à un modèle d’il y a dix ans. Si les collectibles et les événements deviennent le cœur de l’activité, Micromania pourrait encore jouer un rôle. Sinon, le défi restera colossal. Et vous, quelle est votre vision de l’avenir du jeu vidéo physique ?
Sources
À très vite sur l’EternoStation.

