Google accusé d’utilisation non autorisée de livres pour entraîner Gemini
20 juillet 2026Depuis des années, Google est au cœur de la révolution numérique, mais aujourd’hui, l’entreprise se retrouve dans une situation inédite. Hachette, Cengage, Elsevier et l’auteur Scott Turow ont déposé une plainte à New York, accusant Google d’avoir utilisé des millions d’œuvres protégées sans autorisation pour entraîner son modèle d’IA Gemini. Une accusation qui relance le débat sur les limites du droit d’auteur dans l’ère de l’intelligence artificielle.
Les plaignants soulignent que les accords existants entre Google et les éditeurs, via Google Books, ne permettaient pas l’utilisation complète des textes pour l’entraînement d’IA. Google Books, lancé il y a plus de vingt ans, avait pour objectif de numériser des livres pour faciliter la recherche et la vente, pas de les intégrer dans des algorithmes de génération de texte. « Le droit d’auteur s’applique aux entreprises d’IA avec la même force qu’à toutes les autres sociétés », rappellent les éditeurs, qui voient dans cette pratique une violation claire des lois.
Cependant, le terrain juridique reste mouvant. Dans des affaires précédentes impliquant Meta et Anthropic, des juges américains ont considéré que certaines utilisations d’œuvres pour entraîner des IA pouvaient être jugées équitable. La clé, selon ces décisions, réside dans la manière dont les données ont été obtenues. Si Google a utilisé des textes accessibles via des bibliothèques pirates ou des fichiers non autorisés, la balance pencherait vers les ayants droit. Mais si les données proviennent d’accords légaux, la situation pourrait être plus complexe.
Cette affaire soulève des questions cruciales pour l’avenir de l’IA. Si Gemini a effectivement bénéficié de ces millions de livres, ses capacités à générer des textes longs et cohérents en sont directement influencées. Les éditeurs et auteurs craignent ainsi une concurrence déloyale, où des modèles d’IA pourraient reproduire ou imiter des œuvres à grande échelle. Une perspective qui n’est pas sans rappeler les débats entourant les premières générations de moteurs de recherche, où les droits d’auteur étaient également au cœur des tensions.
Alors que Google n’a pas encore répondu aux accusations, cette affaire pourrait marquer un tournant dans la régulation de l’IA. Les éditeurs, qui ont déjà attaqué Meta pour l’utilisation de livres dans Llama, sont déterminés à défendre leurs droits. Et si le juge finit par reconnaître une violation, Google pourrait être contraint de verser des dommages et intérêts. Une victoire qui ne serait pas qu’un gain juridique, mais un signal clair pour l’industrie de l’IA : les données, même accessibles, ne sont pas toujours gratuites.
En attendant, les fans de gaming, de tech et de pop culture suivent de près l’évolution de ce dossier. Car si les IA comme Gemini changent la donne dans la création de contenu, leur développement repose sur des enjeux légaux et éthiques qui ne sont pas près de se résoudre. Et vous, quel camp seriez-vous dans ce débat ?
Sources
À très vite sur l’EternoStation.

