Interdiction en France de smartphones Samsung et Nothing par l’ANFR : DAS, normes et conséquences
1 août 2026L’Agence nationale des fréquences (ANFR) vient de frapper fort : quatre modèles de smartphones, dont deux de marques connues comme Samsung et Nothing, sont désormais interdits de vente en France. Une décision qui soulève des questions sur la sécurité des appareils, les normes réglementaires et la concurrence technologique européenne. Alors que les consommateurs sont invités à retourner ces appareils, l’affaire révèle un enjeu plus large : comment concilier innovation et conformité dans un marché en pleine mutation ?
Le Nothing Phone 3a et le Samsung Galaxy A55 (SM-A556E/DS) figurent parmi les modèles concernés. Leurs problèmes, pourtant, ne sont pas du même ordre. Pour le Nothing Phone 3a, le débit d’absorption spécifique (DAS) — mesure cruciale de l’exposition des ondes électromagnétiques — a été dépassé. Les tests en laboratoire ont montré que le DAS localisé au niveau des membres (lorsque le téléphone est tenu en main ou dans une poche) atteint des valeurs supérieures aux 4 W/kg autorisés. Un seuil fixé selon un principe de précaution, mais qui soulève des interrogations sur la réglementation actuelle. L’ANFR rassure cependant : aucun risque sanitaire avéré n’a été constaté, les limites étant conçues avec une marge de sécurité importante.
Le cas du Samsung Galaxy A55 est quant à lui différent. Ici, l’interdiction ne vient pas de dépassements de DAS, mais de manquements administratifs majeurs. L’appareil manque de la documentation technique, d’une procédure d’évaluation de conformité, et surtout, du marquage CE indispensable pour la vente en Europe. Une situation qui, selon l’ANFR, rend l’appareil « inadmissible » sur le marché français. Cet épisode rappelle l’affaire de l’iPhone 12 en 2023, où Apple avait également dû faire face à des critiques sur les normes DAS, mais cette fois, le problème est purement bureaucratique. Un rappel de l’importance des normes, même pour les géants de la tech.
Pour les consommateurs, l’impact est direct. Les utilisateurs possédant ces modèles sont invités à les retourner immédiatement, et les distributeurs doivent cesser la vente. Une situation qui pose la question de la transparence des marques : comment les consommateurs peuvent-ils vérifier la conformité des appareils avant d’acheter ? La responsabilité des distributeurs, comme Amazon ou les boutiques physiques, est également soulignée. Ces derniers sont tenus de procéder au rappel, mais la mise en œuvre de ces mesures reste délicate en pratique.
Au-delà de cette affaire, l’interdiction soulève des enjeux plus larges. La France, en imposant des normes strictes, se positionne comme un acteur clé de la régulation technologique européenne. Cependant, cette décision pourrait aussi affecter la concurrence : des marques moins connues, comme AGM ou Doogee, sont également concernées, ce qui met en lumière les difficultés des startups technologiques face aux exigences réglementaires. Reste à savoir si cette interdiction marquera un tournant dans la façon dont les appareils sont contrôlés, ou si elle restera une exception dans un marché globalisé. Une question qui mérite d’être suivie, surtout dans un contexte où l’innovation et la sécurité s’affrontent constamment.
Sources
À très vite sur l’EternoStation.

