Étude sur les cancers chez les équipages aériens : les rayonnements cosmiques en cause ?
19 août 2026Lorsqu’on pense aux risques liés à l’aviation, les premières images qui viennent à l’esprit sont les turbulences, les retards, ou même les accidents. Mais une étude récente signée par la Harvard Medical School ouvre un nouveau débat : les équipages aériens pourraient-ils être exposés à un danger invisible, les rayonnements cosmiques, qui augmenteraient leur risque de cancer ?
Les chiffres sont inquiétants. Selon l’analyse de 12,7 millions de certificats de décès aux États-Unis entre 2020 et 2024, 6,9 % des agents de bord et 6,7 % des pilotes décédés dans l’étude ont succombé à des cancers associés aux rayonnements. Ces taux, bien que modestes, placent ces deux métiers en tête du classement des professions à risque. Pourquoi ? À plusieurs kilomètres d’altitude, les avions traversent des flux de particules cosmiques ionisantes, capables de perturber l’ADN. Les vols à haute altitude ou proches des pôles exacerbent ce phénomène. Cependant, les chercheurs soulignent que cette corrélation ne prouve pas une causalité directe. D’autres facteurs, comme les horaires décalés ou les vols de nuit, pourraient également jouer un rôle.
L’étude a cependant mis en lumière des différences cruciales. Les mécaniciens et employés au sol, bien que soumis à d’autres risques professionnels, ne présentent pas de surmortalité pour les cancers non liés aux rayonnements. Cela renforce l’hypothèse d’un lien spécifique entre les rayonnements cosmiques et les cancers observés. Pourtant, les chercheurs restent prudents : « Ces résultats ne signifient pas que chaque vol est dangereux, mais qu’une exposition cumulative sur des années pourrait avoir un impact. »
La réglementation diffère aussi selon les continents. Alors que l’Union européenne impose des limites de dose et une surveillance obligatoire pour les équipages, les États-Unis n’appliquent pas de mesures similaires. Les experts recommandent donc une surveillance plus rigoureuse de l’exposition aux rayonnements tout au long de la carrière des pilotes et agents de bord. Si les avions ne peuvent pas être blindés contre ces particules, une simple piste de recherche pourrait déjà sauver des vies : suivre l’accumulation de doses reçues par chaque professionnel. Une démarche qui pourrait devenir un standard mondial, si les autorités prennent enfin conscience de ce danger insoupçonné.
Et si cette étude ouvrait la voie à de nouvelles normes de sécurité dans l’industrie aérienne ? La question reste posée, surtout en période de croissance du transport aérien. À suivre, donc, pour comprendre comment protéger les travailleurs de l’air, sans compromettre la liberté de vol.
Sources
À très vite sur l’EternoStation.

