Piratage de voitures connectées : l’autoradio devient un relais pour un botnet

Piratage de voitures connectées : l’autoradio devient un relais pour un botnet

25 août 2026 0 Par eternos974

Imaginez un monde où votre voiture, sans que vous le sachiez, devient un relais invisible pour des attaques cybernétiques. C’est précisément ce que révèle une campagne dévoilée par Kaspersky en août 2026. Des chercheurs ont identifié un malware Android ciblant les autoradios connectés (head units) de véhicules, transformant ces appareils en machines zombies intégrées à un botnet. Ce phénomène, jusqu’alors associé aux objets connectés, s’inscrit désormais dans un paysage automobile de plus en plus vulnérable.

L’attaque repose sur une faille critique dans le mécanisme de mise à jour des autoradios DoFun. Une application système, TWCore, normalement chargée de télécharger des mises à jour légitimes, est exploitée pour installer discrètement un logiciel malveillant. Ce dernier, après avoir déchiffré un premier module, télécharge un second qui contacte un serveur contrôlé par les cybercriminels. C’est là que les choses deviennent inquiétantes : l’autoradio, une fois infecté, transmet régulièrement des données sensibles (modèle, réseau Wi-Fi, adresse MAC) et attend des instructions pour exécuter des actions malveillantes, comme afficher des publicités cachées ou simuler des clics.

Parmi les modules détectés, « zhima » joue un rôle clé. Il transforme l’autoradio en un relais clandestin pour le trafic Internet, permettant à des tiers de faire transiter leur trafic via la connexion du véhicule. Cette pratique, qui échappe au conducteur, ouvre la porte à des attaques DDoS, du vol de données ou même à des manipulations du réseau. Kaspersky attribue cette campagne au groupe MoYu, acteur notoire du botnet BADBOX, qui a déjà ciblé des téléviseurs et des boîtiers Android à travers le monde.

DoFun, alerté par Kaspersky, affirme avoir corrigé la vulnérabilité. Cependant, les détails de cette correction restent flous. L’infrastructure de mise à jour, ou une faille d’authentification, pourrait avoir permis aux attaquants de compromettre le système. Ce cas soulève des questions cruciales : comment sécuriser les canaux de mise à jour dans des appareils qui, jusqu’ici, n’étaient pas considérés comme des cibles prioritaires ? La menace ne concerne pas seulement les données du conducteur, mais l’infrastructure réseau elle-même. Et si la prochaine vague de piratages ciblait non plus les autoradios, mais les systèmes de navigation ou les caméras de sécurité des véhicules ? La course contre la montre a commencé.

Sources

À très vite sur l’EternoStation.