Kraken : le film d’horreur qui a fait évacuer deux spectateurs en plein cinéma
18 septembre 2026Imaginez un film dont la première projection se termine par deux spectateurs évacués en pleine séance. C’est ce qui s’est passé au Grand Rex à Paris, lors de la première de Kraken, un film d’horreur français qui a immédiatement suscité l’attention, non pas pour son scénario, mais pour la réaction de son public. Une évacuation inattendue, certes, mais qui semble avoir été la meilleure carte de visite pour ce projet ambitieux.
Le réalisateur, Mohamed Chabane et Théo Jourdain Rhodes, n’a pas caché son objectif : produire une œuvre brute, sans détour, capable de faire frémir. Kraken suit une bande de jeunes piégés dans un immeuble désaffecté, où une créature monstrueuse élimine les occupants étage par étage. Rien de révolutionnaire sur le papier, mais l’exécution est sans pudeur. Du gore décomplexé, des hurlements, et une violence frontale qui rappellent les codes du slasher américain, mais ancrés dans la réalité des grands ensembles français. L’efficacité brute, comme le disent les réalisateurs, est au cœur de leur vision.
Ce qui a attiré les regards, cependant, c’est le casting inattendu. Gazo, le rappeur en pleine ascension, incarne un personnage dans son premier rôle d’acteur. Le film lui réserve un destin tragique, avec des scènes où il est littéralement déchiqueté par la créature. À ses côtés, La Mano 1.9, également du rap, fait ses débuts. Leur présence relance une tendance : celle des artistes du rap français qui s’essayent à l’acteur, dans le sillage de Sofiane Fianso ou Kaaris. Le film devient ainsi un mélange inattendu de deux univers : le cinéma d’horreur et la culture du rap.
L’évacuation lors de la première a été perçue comme un coup de marketing ingénieux. Dans l’industrie du frisson, un malaise en salle est une valeur ajoutée. Depuis L’Exorciste jusqu’à Grave, les distributeurs savent que voir un spectateur s’effondrer dans les fauteuils rouges est une publicité gratuite. Kraken a donc bénéficié d’une couverture médiatique inespérée, même si la question reste : le film tiendra-t-il la distance ? La sortie nationale, prévue pour le 30 septembre 2026, sera le véritable test. Pour l’instant, le buzz est là, et le public, comme le cinéma, semble prêt à en voir plus.
Quelque chose dans cette histoire de malaise, de gore et de rappeurs en costume de scène nous rappelle que le cinéma français cherche à se défaire de son image d’« école trop sage ». Kraken est peut-être un exemple de cette évolution. Mais reste-t-il un film, ou juste une performance marketing réussie ? La réponse, comme toujours, sera sur les écrans. Et si vous êtes curieux, suivez les sorties de films d’horreur en 2026 — il y aura peut-être d’autres surprises.
Sources
À très vite sur l’EternoStation.

