Robert Eggers adapte Roméo et Juliette avec un budget de 80 millions de dollars
24 septembre 2026Robert Eggers, le réalisateur qui a réinventé le cinéma d’épouvante avec The Lighthouse et The Northman, s’apprête à faire trembler Hollywood. Cette fois, sa cible n’est pas une horreur du Moyen Âge, mais un chef-d’œuvre shakespearien : Roméo et Juliette. Et pas n’importe comment. Avec un budget de 80 millions de dollars, le projet devient une guerre de tranchées entre le cinéma classique et l’industrie hollywoodienne, qui a dû se battre pour obtenir les services du réalisateur.
Le pari est audacieux. Focus Features, après une bataille d’enchères impliquant A24, Sony et Warner Bros, a remporté le contrat en déposant un montant pharaonique. Mais ce qui intrigue le plus, c’est la volonté intransigeante d’Eggers de respecter le texte original. Les dialogues, en vieil anglais, seront déclamés sans modernisation, un choix qui transforme le casting en défi : comment trouver des acteurs capables de maîtriser une langue presque oubliée, tout en conservant l’intensité dramatique ? La réponse, selon le réalisateur, réside dans la brutalité de l’histoire elle-même.
L’adaptation s’inspire directement de la version de Shakespeare, décapée de tout vernis romantique. Ici, Vérone est un lieu de haine intergénérationnelle, où les Capulet et les Montaigu se déchirent dans des ruelles sanglantes. La peste, les vendettas, le suicide collectif : tout est là, sans pitié. Eggers refuse de faire de Roméo et Juliette un drame fluide. Il préfère une plongée immersive, presque documentaire, dans une époque où l’amour est une arme et la mort, une solution.
Ce projet pourrait redéfinir l’adaptation cinématographique de Shakespeare. En refusant toute vulgarisation, Eggers invite le public à se confronter à la violence originale de la pièce. Le film s’annonce comme une œuvre poétique et terrifiante, où le vieil anglais devient un langage de combat. Et si ce pari réussit, qu’en sera-t-il des prochaines adaptations ? La culture populaire pourrait enfin voir Shakespeare, non comme un mythe, mais comme une réalité sanglante et vivante.
Sources
À très vite sur l’EternoStation.

