Wilkes : le bassin antarctique encore mal connu des chercheurs
13 octobre 2026Le bassin sous-glaciaire de Wilkes, en Antarctique, reste un des endroits les moins étudiés de la planète malgré son importance potentielle pour le niveau des océans. Une étude publiée dans Nature Reviews Earth & Environment souligne que la glace de cette région pourrait, en cas de fonte totale, faire monter les mers de 3 à 4 mètres. Cependant, les scientifiques ignorent encore la plupart des mécanismes qui régissent son évolution, ce qui rend les prédictions difficiles.
Selon le communiqué d’Earth Sciences New Zealand, le glacier Cook, l’un des principaux glaciers du bassin, s’amincit depuis les années 1990 et rejette actuellement 40 milliards de tonnes de glace par an. Cependant, cette décharge annuelle ne correspond pas à une perte nette de glace de la même ampleur, car la glace peut aussi se reformer localement. Les modèles climatiques indiquent que si certains seuils de température sont dépassés, le recul pourrait accélérer jusqu’à un kilomètre par an dans certaines zones. Mais les seuils exacts déclenchant ces scénarios restent inconnus.
La topographie complexe du bassin, cachée sous une épaisse couche de glace, complique les observations. Aucun navire n’a encore approché à moins de 150 km du front du glacier Cook, et les scientifiques manquent de cartographie des fonds marins et de données sur les conditions océaniques locales. Les archives géologiques montrent toutefois que le bassin a déjà connu des périodes de recul importantes durant des époques chaudes passées. « Les données des précédentes périodes chaudes suffisent à tirer la sonnette d’alarme », a déclaré Matt King, principal auteur de l’étude.
Les chercheurs de 14 pays demandent une campagne internationale pour cartographier la zone et multiplier les observations. Cette exploration est cruciale pour comprendre les risques liés à la fonte de la glace et améliorer les modèles climatiques. En l’absence de données précises, les incertitudes sur le rythme et l’ampleur du recul du bassin de Wilkes persistent, rendant les prévisions à long terme difficiles à établir.
Sources
À très vite sur l’EternoStation.

