Redefinition de la seconde : vers un nouveau standard de mesure du temps
19 octobre 2026La seconde, unité de base du temps dans le Système international d’unités (SI), va connaître une transformation majeure d’ici 2030. Depuis 1967, elle est définie par la fréquence de transition énergétique des atomes de césium-133, une référence qui a permis de stabiliser les mesures du temps à l’échelle mondiale. Cependant, les avancées en métrologie ont rendu cette définition obsolète, ouvrant la voie à une révolution technologique.
Les horloges optiques, développées depuis les années 2000, utilisent des atomes comme le strontium-87 ou l’ytterbium-171. Leur précision, 100 000 fois supérieure à celle des horloges à césium, permet de mesurer des intervalles de temps d’une durée de 15 milliards d’années, un chiffre dépassant l’âge estimé de l’Univers. Selon Noël Dimarcq, président du Comité consultatif du temps et des fréquences (CCTF), « les meilleures réalisations de la définition actuelle de la seconde ont été surpassées par les étalons de fréquence optiques ».
Cette évolution, validée par la Conférence générale des poids et mesures (CGPM) en octobre 2026, vise à moderniser les normes de mesure du temps. La nouvelle définition, prévue pour 2030, pourrait s’appuyer sur une transition optique unique ou sur une moyenne pondérée de plusieurs transitions atomiques, une approche inédite dans l’histoire du SI. Cependant, deux critères restent à valider, notamment la contribution régulière des horloges optiques au Temps atomique international (TAI), avant que la réforme ne soit officialisée.
Bien que les utilisateurs ne remarquent aucun changement quotidien, cette redéfinition aura des impacts majeurs dans des domaines comme la géodésie, la navigation par satellite et la physique fondamentale. Les horloges optiques permettent, par exemple, de détecter des variations du champ gravitationnel terrestre à l’échelle du millimètre, un outil précieux pour surveiller la montée des mers ou prédire les séismes. Elles pourraient également contribuer à la détection de la matière noire et à la vérification de la constance des constantes physiques.
La transition vers les horloges optiques marquera un tournant dans l’histoire de la mesure du temps, ouvrant la voie à des découvertes scientifiques inédites. Si la CGPM ne parvient pas à finaliser la réforme en 2030, un report jusqu’en 2034 est envisagé, date de la 30e Conférence générale des poids et mesures, seule habilitée à adopter formellement la nouvelle définition.
Sources
À très vite sur l’EternoStation.

