Donkey Kong : une illustration vendue 329 400 dollars

Donkey Kong : une illustration vendue 329 400 dollars

30 octobre 2026 0 Par eternos974

Certaines opérations de rangement coûtent plus cher que d’autres. Une illustration originale de Donkey Kong, que l’ancienne responsable publicitaire Donna Darbous avait sauvée parmi des documents destinés à être jetés, a atteint 329 400 dollars chez Landry Pop Auctions le 28 octobre. Derrière le montant, l’histoire raconte surtout la fragilité des archives du jeu vidéo : des images devenues emblématiques pouvaient autrefois n’être considérées que comme du matériel publicitaire encombrant.

Une peinture de production, pas une affiche imprimée ordinaire

La fiche du lot 102 identifie une œuvre réalisée en 1981 par Leslie Cabarga pour le prospectus nord-américain de la borne d’arcade. Il s’agit du travail original sur support physique, associant notamment acrylique, encre et aérographe, dont l’image a ensuite été reproduite. Parler simplement d’une affiche risque donc de faire croire à un exemplaire imprimé parmi beaucoup d’autres.

L’estimation se situait entre 100 000 et 150 000 dollars. Le résultat publié, 329 400 dollars, dépasse ainsi deux fois le haut de cette fourchette. Cette somme concerne bien le résultat affiché pour l’œuvre, et non une estimation extrapolée à partir d’une autre vente. Ce n’est pas le genre de poster que l’on fixe au mur avec deux morceaux de ruban adhésif.

Jumpman avant la longue carrière de Mario

L’image montre Donkey Kong, Pauline et le personnage alors appelé Jumpman, futur Mario. Nintendo situe bien la naissance du jeu d’arcade en 1981. Landry présente cette illustration promotionnelle comme une première apparition publique de Mario ; l’essentiel, pour apprécier l’objet, est son lien direct avec cette phase fondatrice, avant que le personnage n’envahisse consoles, produits dérivés et salles de cinéma.

Une création publicitaire pouvait donner des expressions et une présence aux personnages que les pixels de l’époque représentaient avec beaucoup moins de détails. Elle participait donc à la construction de leur identité auprès du public. La valeur patrimoniale de cette pièce ne dépend pas seulement de son ancienneté : elle documente aussi la manière dont ces héros étaient montrés et vendus.

Une sauvegarde à la fin des années 1980

Selon la provenance racontée par Landry, Donna Darbous a récupéré plusieurs illustrations avec l’autorisation de son supérieur lors d’un réaménagement de Nintendo of America, à la fin des années 1980. Elle les a redécouvertes des décennies plus tard parmi ses affaires. Landry raconte qu’elle avait rangé ces documents dans une table basse, au milieu d’autres images conservées au fil des années. Un meuble avait ainsi fait office de capsule temporelle, bien avant la redécouverte de leur valeur.

Cette collection comprenait aussi d’autres originaux liés aux personnages Nintendo. Les préserver a permis de conserver autre chose que les jeux eux-mêmes : des traces des graphistes, des campagnes commerciales et des méthodes de fabrication. Une archive culturelle ne se limite pas au programme que l’on peut relancer ; elle comprend ce qui entourait sa création et sa découverte.

Un record ne remplace pas la conservation

Le prix est présenté par la maison d’enchères et la presse comme un record pour une œuvre d’art originale liée au jeu vidéo vendue aux enchères. Ce périmètre ne doit pas être confondu avec tous les records de jeux scellés ou d’objets Nintendo. Reste une question plus intéressante que le seul prestige du chèque : ces œuvres pourront-elles être documentées et montrées ? Leur passage du rebut à la collection rappelle combien le patrimoine dépend parfois d’une personne qui refuse simplement de tout jeter.

Sources : Landry Pop Auctions, fiche et résultat du lot 102 ; Numerama, contexte de la vente ; Nintendo, naissance de Donkey Kong.

Sources

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