TOI-1355 b : ses transits pourraient cesser en 2033
3 novembre 2026
Une planète peut cesser de passer devant son étoile sans disparaître dans l’espace. C’est ce qui pourrait arriver à TOI-1355 b vers le milieu de 2033. Cette géante décrit une orbite très courte, mais la géométrie de ses passages évolue par rapport à la Terre. Les astronomes disposent donc d’une fenêtre limitée pour certaines observations. Le compte à rebours concerne une méthode de mesure, pas une catastrophe annoncée pour la planète.
Une géante qui boucle son année en deux jours
L’étude publiée dans les Publications of the Astronomical Society of Japan décrit une planète d’environ 5,8 masses de Jupiter, dont le rayon atteint approximativement 1,4 fois celui de notre géante. Elle tourne autour d’une étoile de type A en quelque 2,17 jours, sur une orbite légèrement elliptique.
L’équipe l’a étudiée à partir du relevé de transits de TESS et d’observations complémentaires. Lorsqu’une planète passe devant son étoile depuis notre point de vue, elle en masque une petite partie : la luminosité mesurée baisse. Ce signal indirect permet d’étudier un monde qu’il n’est pas nécessaire de photographier séparément de son étoile.
Notre ligne de visée ne reste pas figée
Dans le cas de TOI-1355 b, les chercheurs mesurent une évolution de la trajectoire apparente du passage devant le disque stellaire. Le transit devient plus proche du bord. Si le rythme observé se poursuit, la planète finira par ne plus recouvrir du tout l’étoile vue de la Terre, autour du milieu de 2033.
Le phénomène relève de la précession, c’est-à-dire d’une évolution de l’orientation de l’orbite. Une comparaison géométrique aide : un objet peut continuer à faire le même tour sans traverser la ligne qui relie un observateur à une lampe. L’absence d’ombre sur cette ligne ne signifie pas que l’objet a cessé d’exister.
Pourquoi les transits sont précieux
Ces passages donnent accès à plusieurs informations. Leur profondeur renseigne sur la taille relative de la planète ; leur répétition révèle sa période. Une partie de la lumière stellaire peut aussi traverser l’atmosphère planétaire, ce qui permet d’en chercher les signatures avec une instrumentation adaptée.
L’article scientifique évoque l’intérêt de mesures atmosphériques avec de grands instruments, dont Hubble et James Webb. Il s’agit de perspectives scientifiques, pas de créneaux d’observation déjà réservés. L’approche de 2033 rend la fenêtre intéressante pour ces travaux, mais ne garantit ni le programme d’un télescope ni une découverte précise.
Une disparition du transit, pas de toutes les mesures
Il serait trompeur de dire que la planète deviendra totalement impossible à étudier. Ce sont les observations reposant sur le passage devant l’étoile qui seraient directement affectées. D’autres méthodes peuvent fournir des renseignements différents, avec leurs propres contraintes ; elles ne remplacent pas automatiquement les mêmes données.
Cette histoire rappelle que l’astronomie dépend autant des alignements que de la puissance des instruments. Une cible peut rester à sa place dans le catalogue tandis que la configuration idéale cesse de se présenter. Les chercheurs doivent composer avec cette géométrie et ses incertitudes. L’Univers ne ferme pas son laboratoire en 2033 : il pourrait simplement retirer, pour cette planète, l’un de ses meilleurs angles de vue.
Sources : Science & Vie · PASJ : étude · Manuscrit des chercheurs
Sources
À très vite sur l’EternoStation.

