Chrome : 319 extensions détournaient les recherches

Chrome : 319 extensions détournaient les recherches

4 novembre 2026 0 Par eternos974

Une extension peut afficher un nom rassurant et modifier profondément le trajet de vos recherches. L’enquête Searchjacked de Socket recense 319 extensions Chrome qui remplacent le moteur par défaut pour faire passer les requêtes par les serveurs de leurs opérateurs. Le réseau étudié remonte à 2016 et représente environ 13,4 millions d’utilisateurs cumulés. Derrière les convertisseurs de PDF et les outils de recherche pratiques, le véritable service rendu peut surtout être la monétisation de votre navigation.

Le moteur change, les requêtes font un détour

Ces extensions utilisent un mécanisme prévu par Chrome pour définir un fournisseur de recherche. Dans les cas analysés, une requête saisie dans le navigateur rejoint d’abord un proxy contrôlé par l’opérateur, avant d’être redirigée vers Yahoo ou Bing avec des identifiants de partenaire.

La syndication de recherches permet de toucher une part des revenus publicitaires générés par ce trafic. Le problème décrit par Socket tient au détournement de ce modèle : l’extension apporte peu ou pas de fonction utile, tandis que son intermédiaire reçoit les recherches. Une destination finale connue ne raconte donc pas tout le trajet suivi par la requête.

Un risque qui ne se lit pas seulement dans les permissions

Certaines extensions étudiées ne réclament pas de permissions sensibles et ne contiennent presque aucune logique de programme. Leur configuration suffit à remplacer le moteur. Cela peut les rendre moins inquiétantes à première vue qu’un module demandant l’accès à tous les sites visités.

Socket précise néanmoins que Chrome affiche un avertissement lors du changement de fournisseur à l’installation. Absence de permissions étendues ne signifie donc pas installation sans consentement. Le point faible est aussi la compréhension du choix : accepter une modification de moteur ne revient pas nécessairement à comprendre qu’un autre serveur verra les requêtes avant leur destination finale.

Non répertorié ne veut pas dire absent de la boutique

Une grande partie des extensions sont proposées dans le Chrome Web Store sans apparaître dans ses recherches. Leur page reste accessible à partir d’un lien direct. Les publicités et les pages de promotion deviennent alors les principaux points d’entrée.

Il faut aussi lire correctement le chiffre de 13,4 millions : il concerne le cumul rapporté sur une décennie, pas autant de victimes actives simultanément. De même, la possibilité de changer les redirections côté serveur constitue un risque ; elle ne permet pas d’affirmer que chaque extension a déjà envoyé ses utilisateurs sur une page de phishing. L’enquête reste suffisamment préoccupante sans ajouter de scénario présenté comme un fait.

Deux vérifications utiles dans Chrome

La première consiste à examiner les extensions installées et à retirer celles que l’on ne reconnaît pas ou dont on n’a plus besoin. La seconde est de contrôler le moteur de recherche par défaut dans les paramètres du navigateur. Un outil ajouté pour convertir un fichier n’a pas de raison évidente de prendre aussi la direction de toutes les recherches.

Cette histoire montre les limites d’une confiance fondée sur le seul nom d’une boutique ou d’un moteur connu. Une extension se juge aussi à ce qu’elle modifie et à l’utilité qu’elle apporte. Quand un petit service gratuit exige de réorganiser le navigateur, le PDF n’est peut-être pas le seul élément en cours de conversion.

Sources : 01net · Socket : rapport Searchjacked

Sources

À très vite sur l’EternoStation.