ERMIS-3 : un petit satellite communique par laser

ERMIS-3 : un petit satellite communique par laser

4 novembre 2026 0 Par eternos974

Un satellite qui tire un laser vers la Terre n’est pas forcément le début d’un film catastrophe. ERMIS-3 utilise ce faisceau pour communiquer avec une station au sol. L’Agence spatiale européenne a annoncé le 2 novembre 2026 la première liaison optique grecque avec un satellite en orbite basse. La démonstration montre surtout qu’un petit engin peut trouver son correspondant, le viser et le suivre pendant son passage. Un rendez-vous technique bien plus exigeant qu’un simple échange de messages.

Des données lumineuses plutôt qu’un rayon destructeur

Les communications optiques transmettent l’information avec un faisceau laser étroit. Elles peuvent offrir une grande capacité de transport, intéressante pour les missions qui produisent beaucoup de données. L’observation de la Terre en fournit un bon exemple : des images détaillées deviennent vite volumineuses lorsqu’elles doivent rejoindre les équipes au sol.

La bande passante ne doit pas être confondue avec la vitesse de propagation. Dans le vide, la lumière du laser et les ondes radio se déplacent à la même vitesse. L’intérêt recherché est de faire passer davantage d’informations, pas de faire voyager un signal plus vite que la lumière. La fibre de l’espace garde donc quelques règles de physique au contrat.

Un petit satellite doit viser juste

ERMIS-3 est un CubeSat développé par l’Université nationale et capodistrienne d’Athènes. Son terminal optique ATLAS-1, fourni par Astrolight, a établi le contact avec la station HolOGS-1, sur le mont Holomondas. Le programme bénéficie de l’appui de l’ESA et de plusieurs équipes universitaires et industrielles.

Le satellite se déplace à plusieurs kilomètres par seconde. Les deux terminaux doivent donc acquérir le signal et ajuster continuellement leur pointage pendant une fenêtre limitée. Un faisceau étroit concentre la transmission, mais laisse peu de marge à l’approximation. Le défi n’est pas seulement d’émettre de la lumière : il faut qu’elle rencontre le bon récepteur au bon moment.

Les nuages participent aussi à l’expérience

L’atmosphère complique encore l’échange. Les nuages peuvent interrompre la liaison et les turbulences dégrader la qualité du signal. Une réussite ponctuelle ne garantit donc pas une communication disponible à tout moment, quelles que soient les conditions.

Cette contrainte explique l’importance des essais. Ils permettent de vérifier le comportement du matériel et la coordination entre les terminaux. Une démonstration en orbite apporte des informations qu’une fiche technique ne peut pas fournir seule : le système doit fonctionner face à un mouvement réel, un environnement variable et des occasions de contact limitées.

Une validation de liaison, sans record de débit annoncé

L’ESA met ici en avant le pointage, l’acquisition et le suivi. Elle ne publie pas de débit pour cette démonstration. Le chiffre de 200 Gbit/s cité en comparaison dans Numerama appartient à un autre projet, le démonstrateur TBIRD de la NASA, et ne doit pas être attribué au satellite grec.

Lancé le 30 mars 2026, ERMIS-3 participe à un programme de démonstration de technologies pour petits satellites. Son intérêt est de montrer ce que ce format peut rendre possible en communication optique. La première grecque n’est pas une première mondiale, mais elle reste une étape concrète : avant de promettre un téléchargement spectaculaire depuis l’orbite, il faut réussir à garder les deux extrémités de la conversation alignées.

Sources : Numerama · ESA : démonstration ERMIS-3

Sources

À très vite sur l’EternoStation.