Robert Laffont publiera un roman commencé avec Claude

Robert Laffont publiera un roman commencé avec Claude

6 novembre 2026 0 Par eternos974

Robert Laffont prévoit de publier en février 2027 Les Touches fantômes, le troisième roman de Sébastien Bailly. Le livre part d’un premier jet produit en grande partie avec une IA, principalement Claude, puis longuement repris par l’écrivain. Selon les éléments rapportés par ActuaLitté et le Journal du Geek, le travail a traversé une trentaine de versions. L’annonce porte donc sur un processus d’écriture revendiqué, pas sur la publication automatique d’un manuscrit sorti tel quel d’un modèle.

Un texte introductif doit informer le lecteur de la méthode, tandis qu’une postface en détaillera les conditions. Le brouillon plaçait Robert Laffont dans une « reprise de confiance après le scandale Goncourt », alors que cette autre affaire concerne d’autres auteurs et maisons. Ce raccourci a été retiré : il brouillait la nature du projet.

La réécriture fait partie de l’expérience

Sébastien Bailly estime qu’il reste entre 2 % et 20 % du texte initial. Cette fourchette est son appréciation, pas le résultat d’un audit permettant de compter les phrases « humaines » et « artificielles ». Le pourcentage ne dit pas non plus quelles idées, scènes ou structures ont changé pendant les reprises.

Le directeur de Robert Laffont défend surtout le rôle de l’auteur et de l’accompagnement éditorial. On peut discuter ce choix sans prétendre avoir déjà lu le livre. Un premier jet rapide ne garantit pas un roman terminé plus vite : réorganiser une matière, en reprendre le style et décider de ce qui mérite de rester sont des travaux distincts. Dans cette expérience, ils sont précisément au centre de ce que l’éditeur met en avant.

Une méthode déclarée, un résultat encore à lire

Signaler l’usage de l’IA permet au lecteur de choisir en connaissance de cause. Cela ne mesure pas à sa place la qualité du roman. Inversement, un score de détection ne reconstitue pas le travail mené sur les différentes versions d’un manuscrit. Ce dossier se prête mieux à l’examen de la méthode qu’à une bataille de pourcentages brandis comme des certificats d’authenticité.

Le réflexe commercial reste facile à reconnaître : mettre « IA » sur une annonce attire des regards avant même que le livre soit disponible. Le test littéraire attendra février. Les lecteurs pourront alors juger si le travail de reprise donne une voix et une construction au texte, et si la note expliquant sa fabrication enrichit la lecture au lieu de simplement lui servir d’argument publicitaire.

Sources

À très vite sur l’EternoStation.