AliExpress condamné à 550 millions d’euros : une sanction historique sous le DSA

AliExpress condamné à 550 millions d’euros : une sanction historique sous le DSA

22 juillet 2026 0 Par eternos974

550 millions d’euros. Ce chiffre, jamais atteint sous le Digital Services Act (DSA), vient de frapper AliExpress. Une sanction historique qui met en lumière les failles d’une plateforme chinoise accusée de ne pas avoir suffisamment protégé les consommateurs européens contre des produits toxiques, contrefaits ou dangereux. La Commission européenne ne se contente pas de punir : elle envoie un signal clair à tout le secteur du commerce en ligne.

La Commission a pointé du doigt des lacunes structurelles dans la modération de AliExpress. Selon ses enquêtes, jusqu’à 65 % des cosmétiques vendus sur des plateformes comme la sienne ne respectent pas les normes européennes. Des jouets contenant des substances toxiques, des vêtements contrefaits, des équipements de protection non conformes… Ces produits, souvent signalés par les autorités, continuaient à circuler des semaines après leur détection. La plateforme, malgré sa taille, a échoué à identifier et à atténuer ces risques, selon Henna Virkkunen, vice-présidente de la Commission. « La diffusion de produits illégaux n’est pas une conséquence inévitable du commerce en ligne », a-t-elle affirmé, rappelant que la responsabilité des plateformes est désormais incontestable.

AliExpress, de son côté, conteste l’amende. Elle juge la sanction disproportionnée, affirmant avoir déjà pris des mesures pour renforcer sa modération. Mais Bruxelles n’a pas l’intention de négocier. La plateforme dispose d’un délai jusqu’au 20 octobre 2026 pour présenter un plan d’action correctif détaillé. Ce délai, bien que long, n’est pas une indulgence : le Conseil européen des services numériques disposera d’un mois pour rendre son avis, avant que la décision finale ne soit prise. Une procédure encadrée, mais qui laisse peu de place aux demi-mesures.

Cette sanction n’est pas isolée. Deux mois plus tôt, Temu avait déjà reçu une amende de 200 millions d’euros pour des manquements similaires. Les chiffres sont éloquents : 63 % des compléments alimentaires et 60 % des équipements de protection vendus sur des marketplaces comme Shein, Temu ou AliExpress se sont révélés non conformes lors des contrôles. Parallèlement, une nouvelle taxe de 3 € par colis de faible valeur (jusqu’à 150 €) entre en vigueur, pénalisant directement les modèles économiques des plateformes chinoises. Alors que le commerce en ligne international se réinvente, la Commission semble prête à ne plus tolérer les zones grises. Une tendance qui pourrait bien se généraliser, avec des conséquences profondes pour le secteur. Que restera-t-il de ces géants du e-commerce après cette vague de régulations ?

Sources

À très vite sur l’EternoStation.